Ecuald

Modes de libération dans Le Trésor des Précieuses Qualités

(Ce texte profond est le commentaire de Kanggyur Rinpoché d’un texte de Jigmey Lingpa contenu dans Le Yeunten Dzeu)

Une explication précise des modes individuels de libération ou « états d’ouverture et de liberté »

Il y a 5 sortes de libération. La première est « la libération primordiale« , l’état primordial d’ouverture et de liberté (ye grol). Au coeur des 8 sortes de consciences, qui sont comme des nuages, il y a la conscience essentielle qui est comme le ciel. Cette conscience essentielle n’a pas les défauts du samsara et est libre de constructions conceptuelles. En conséquence, quelles que soient les pensées, la conscience essentielle n’a pas besoin d’être libérée en un second temps au moyen de facteurs extrinsèques qui limiteraient cette liberté. La conscience essentielle est libre d’emblée.

La deuxième sorte de libération est « l’auto-libération » (rang grol). Ceci signifie qu’on n’a rien d’autre à faire que de rester détendu dans l’état naturel de l’esprit auquel on a été introduit par son maitre – quoique lorsqu’il y a un flux continuel de pensées puissantes, on doive faire  quelque usage de l’antidote approprié. Tous les phénomènes qui sont apparus par le pouvoir créateur de la conscience, « s’auto-libèrent ». Il se libèrent d’eux-mêmes et leur libération ne dépends pas de facteurs extrinsèques, exactement comme l’eau courante n’a besoin de rien pour s’écouler.

La troisième sorte de libération est « la libération nue ou directe » (gcer grol). Quand les pensées se transforment en illusion, elles se libèrent quand on regarde leur visage c’est à dire la nature de la conscience. Au lieu de poursuivre les pensées comme le chien qui court après la pierre que quelqu’un a lancée, on doit regarder directement, « de façon nue », la nature de la conscience, et être comme le lion qui poursuit celui qui a lancé la pierre. Si l’on fait ainsi, les pensées se libèrent. Parce que pour les deux (la nature de la conscience et les pensées), il n’y a aucune base sur laquelle elles pourraient reposer.

La quatrième sorte de libération est « la libération des extrêmes » (mtha’ grol). Non née, la nature de la conscience est libre de l’extrême de l’existence parce qu’elle n’est pas une entité permanente existant réellement. Comme son pouvoir créateur se manifeste en une multitude d’apparences elle n’existe pas non plus comme un objet unique. Comme elle se situe au-delà de toute construction conceptuelle, elle ne peut pas être considérée comme multiple. La conscience est Samantabhadra libre de tout extrême.

La cinquième sorte de libération est « la libération dans l’unique conscience » (gcig grol). La conscience dans laquelle les 2 vérités sont inséparables et qui est libre de construction conceptuelle n’existe ni en unicité ni en multiplicité. Conventionnellement cependant, cette conscience primordiale omnipénétrante (zang thal gyi ye shes) est désignée comme la seule et unique sphère du Dharmakaya (chos sku thig le nyag gcig). Dans ce simple espace de la conscience, toutes les pensées se libèrent et de ce fait il n’y a aucun phénomène. Dépourvu de toute caractéristique, tout est comme l’espace limpide et pur.
Jigmey Lingpa YEUNTEN DZEU

Selon The Treasury of Precious Qualities book 2 Shambhala 2013

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *